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J’ai découvert Emilie Wapnick, l’auteur de How to be Everything et créatrice de Puttylike.com, il y a quelques mois, alors que son TEDTalk sur la multipotentialité circulait sur mon flux d’actualité Facebook. « Si vous n’êtes pas sûr de vouloir n’être qu’une seule chose quand vous serez grands, vous n’êtes pas seuls. » Ah bon?

Si l’on s’est croisé au détour d’un événement réseau et que vous m’avez demandé ce que je fais dans la vie, je vous ai probablement sorti ma réponse préférée: « combien de temps vous avez devant vous? » Si on dit d’un chat qu’il a sept vies, moi je ne suis probablement pas loin de dépasser les sept carrières: marketing, enseignement, danse de salon, entrepreneuriat, business coaching, journalisme,… J’oublie surement quelque chose.

C’est fantastique, maintenant je rentre dans une case: je suis une multipotentialite.

Autant vous dire que je faisais des bonds dans ma chaise quand j’ai découvert qu’Emilie animait l’une des Academy du WDS 2017.

La multipotentialité, ça veut dire quoi?

En début d’année scolaire, je demande souvent à mes étudiants de se présenter et de me dire « ce qu’ils veulent devenir quand ils seront grands ». Ils n’aiment pas bien. Et j’ai longtemps été surprise, qu’à un niveau post-bac, certains n’en avaient pas la moindre idée. Je me souviens qu’à leur âge je savais exactement ce que je voulais faire: JOURNALISTE.

Si on m’avait dit qu’un jour je serai prof et que j’aimerai ça, ça m’aurait probablement bien fait marrer.

Aujourd’hui, je ne veux plus poser cette question. Je pense que je vais la remplacer par « Pourquoi êtes-vous là? » Je parie qu’ils ne vont pas aimer non plus… *evil grind*

Parce qu’après tout, rien ne nous empêche, ni eux, ni vous, ni moi, de ne pas nous contenter d’une seule case. Et si on s’autorisait à multiplier les cases.

Contrairement aux bien pensants qui nous déclarent instables, faire preuve de multipotentialité c’est être doté d’un certain nombre de super pouvoirs:

On est pro de la synthèse d’idées. Quand on a plusieurs casquettes, il faut penser vite.

On apprend vite. Bon, ok, on se lasse vite aussi. Mais on apprend vite quelque chose d’autre.

On s’adapte facilement. Au contraire, on adore les changements d’environnement.

On fait preuve de perspective. Après tout, quand on fait plusieurs choses on voit aussi les projets sous différentes angles.

On est les mieux placés pour faire preuve d’empathie et traduire les sentiments des autres. Il est fort probable qu’on soit déjà passé par là…

Bon, je ne vous cache pas que le statut vient aussi avec son lot de challenges: il nous est parfois difficile d’être productifs, nos peurs et nos insécurités nous bouffent la vie (depuis le temps qu’on nous répète qu’on est instables!), et, pour ceux d’entre-nous qui cherchent un poste à la hauteur de leur potentiel, le milieu professionnel ne nous accepte pas encore très bien tels que nous sommes.

Alors, que fait-on si on ne veut pas faire la même chose pour le restant de ses jours?

On cherche une solution qui va nous apporter ce dont tout multipotentialite a besoin pour survivre: de l’argent, du sens et de la variété.

Il est important pour chacun d’entre-nous de trouver la bonne dose de ces ingrédients. Ce ne sera pas la même pour tous. Et les niveaux de besoin peuvent varier avec le temps. Et c’est ok. Il n’y a pas qu’une seule case, rappelez-vous!

Pour ma part, la dose de variété est celle qui me questionne le plus:

  • pas assez de variété et je m’ennuie
  • trop de variété et je m’éparpille

Ensuite, on trouve le bon modèle pour s’épanouir. Emilie Wapnick en a déterminé quatre principaux:

Le modèle « Group Hug »: on trouve un job qui englobe plusieurs facettes de nos talents. Les carrières dans la communication sont particulièrement propices à ce type de modèle.

Le modèle « Slash »: on multiplie les métiers à temps partiel. Il y a eu un moment dans ma vie où j’étais consultante en marketing digital slash prof de danses de salon. Aujourd’hui je suis prof slash coach slash auteur. Pourquoi se limiter à un seul métier quand il y a en a autant qu’on aime pratiquer?

Le modèle « Einstein »: ici, notre job alimentaire nous paie suffisamment bien pour nous permettre d’avoir une activité parallèle qui elle ne rapporte peut-être pas grand-chose mais qui satisfait notre désir de variété. On connait tous quelqu’un qui passe ses journées dans un bureau et ses soirées sur scène à gratter une guitare.

Le modèle « Phoenix »: comme l’oiseau mythique, ici, on renait de nos cendres. On est 100% sur une chose et puis un jour on arrête tout et on recommence. Sur autre chose.

La beauté de ces modèles c’est qu’ils ne sont pas mutuellement exclusifs. On peut être un peu de plusieurs en même temps (je suis une slasheuse, teintée de group huggueuse) ou on peut être plusieurs consécutivement, tout au long de sa vie.

Parce que le principe fondamental de la multipotentialité c’est l’acceptance. Et accepter c’est libérer son potentiel.

Alors, quel multipotentialite êtes-vous? Avez-vous trouvé une manière de conjuguer ce don avec votre vie active? Ou souffrez-vous toujours du syndrome (imaginaire) de l’instabilité professionnelle? Racontez-moi dans les commentaires!