Intégrer une démarche de Design Thinking dans votre entreprise

Dans notre précédent article sur le Design Thinking, nous abordions l’importance de ce nouveau mode de pensée en entreprise pour innover et rester concurrentiel.

« Parmi les marques les plus «designful», qui intègrent le design thinking au coeur du processus d’innovation, on peut citer Apple, Dyson, Samsung, Swatch ou encore Decathlon » (Jean-François Marti – agence de design Nealite).

Think outside the boxSa mise en place se fait souvent grâce à l’intégration d’un service d’intrapreunariat dédié ou encore par la mise en place de travaux en mode projet. Mais pour une petite structure ou encore pour un entrepreneur seul, il apparaît compliqué de suivre le même schéma. Pas de panique, le design thinking est avant tout une manière de penser et de voir ce qui nous entoure. Il s’agit bien plus de petits réflexes à adopter dans son quotidien de travail que de grandes théories compliquées à appliquer.

5 conseils pour intégrer une démarche de design thinking à votre projet

1. Être curieux

Votre cerveau est votre meilleur outil. A titre personnel, soyez ouvert et curieux du monde qui vous entoure. Suivre l’actualité de votre secteur est primordial, s’intéresser aux domaines connexes devient un véritable avantage concurrentiel. Comprendre le monde dans lequel nous vivons, c’est pouvoir apporter une réponse pertinente. Des domaines aussi distincts que la philosophie, l’économie, l’histoire, l’anthropologie sont autant de matière à réflexion et.. à inspiration !

Les outils: des conférences, des livres et magazines spécialisés, des reportages, des rencontres… et Google!

2. Se concentrer sur l’humain

La démarche du design thinking est centrée sur l’humain. La réelle valeur ajoutée de votre projet est de réussir à comprendre comment simplifier la vie de vos utilisateurs. Pour cela, pas de secret! Il faut savoir écouter, se mettre dans la peau d’un autre et s’ouvrir l’esprit. Tel un ethnologue qui découvre une nouvelle espèce, vous devrez étudier leurs comportements, leurs besoins et leurs frustration. Le but que vous devez garder à l’esprit est de faire en sorte d’apporter à vos utilisateurs une nouvelle expérience mémorable.

Les outils: le terrain (!), les enquêtes, les entretiens, les test A/B, la création de persona, des observations filmées…

3. Tester son projet sous forme de prototype

Avant d’investir toutes vos économies et de foncer tête baissée dans la conception de votre produit final, testez votre concept! Que ce soit pour convaincre vos futurs investisseurs ou pour recruter vos futurs clients, votre idée doit être matérialisée, touchée, vue… Puis testée par le plus grand nombre de personne possible. Une version beta ne vous coûtera pas grand chose et vous permettra d’avoir un premier retour après utilisation pour rectifier les possibles bévues. Une fois cette première validation, vous pouvez y aller! Mais pour permettre à votre projet de continuer à évoluer de manière positive, il faut sans cesse le re-travailler et l’optimiser. Soyez particulièrement attentif aux premiers retours client.

Les outils: une maquette de votre produit, une version simplifiée de votre site ou application mobile, un prototype, un croquis, un schéma, une vidéo explicative…

4. Savoir s’entourer de profils variés et spécialisés

Un des principes fondamentaux du design thinking est bien entendu la transversalité des compétences! Vous n’avez peut-être pas à votre disposition une équipe de 30 personnes dédiée à votre projet mais vous avez sûrement des contacts ou des amis ayant des contacts dans des domaines variés. N’hésitez pas non plus à aller sonner aux portes de spécialistes pour leur poser votre liste de questions préparées en amont. Un autre procédé très enrichissant est de rassembler des personnes de votre entourage avec des profils très différents de venir discuter sur une thématique de votre projet. Offrez leur un café et repartez avec pleins d’idées !

Les outils: une séance de brainstorming, des entretiens, des visites dans des salons professionnels, une collaboration…

5. Penser design et créativité (et pas seulement en terme de produit)

On pourrait penser que la créativité n’est pas l’apanage de tout le monde… C’est peut-être vrai mais cela se travaille! Être créatif, c’est sortir de sa zone de confort, de sa routine, de ses habitudes. Il ne s’agit pas seulement de tester des choses nouvelles, mais d’expérimenter d’autres façons de travailler. Prenez des risques, organisez vos journées autrement, testez de nouvelles activités et repérez ce qui vous plaît dans ce que vous voyez autour de vous. Vous trouvez ce site / produit / projet bien pensé? Prenez le temps de vous demander pourquoi? Comment a-t-il été créé? Pour qui? Dans quel but?

Les outils: pour les moins inspirés, il existe un outil merveilleux qui est Pinterest pour ses planches de tendance, motifs et textures, croquis, mise en situation, vous trouverez largement de quoi alimenter votre mood board

Vous avez désormais en main toutes les clés pour faire un premier pas vers le design thinking. Un dernier conseil pour la route? Think outside the box !

Pour en apprendre plus sur le design thinking, n’hésitez pas à suivre les MOOC du programme I.D.E.A, alliance entre les écoles E.M. Business School et Centrale Lyon.

Penser mon modèle économique

La Fédération des Designers Industriels (FEDI) organisait, mardi 21 avril 2015, une conférence à destination des jeunes designers désireux de monter leur entreprise. Pour rappel, la FEDI est un syndicat professionnel qui compte 60 adhérents sur le France entière. Son but est de défendre la profession et faire connaître sa valeur ajoutée à travers différentes actions comme la mise en place d’un observatoire des métiers destiné à montrer ce que représente, en termes économiques, le design dans la région, des conférences pendant la biennale du Design, etc…
Leur dernière action en date? Un baromètre qui a mis en évidence que de nombreux designers arrivaient sur le marché… D’où l’idée de mettre en place une série d’ateliers pour les aider à se lancer à leur compte. Ce premier atelier intitulé Penser mon modèle économique est animé par Alain HUGON, spécialisé depuis 37 ans dans le développement économique et l’accompagnement des entreprises.

Le modèle économique, à quoi ça sert ?

Pour bien comprendre son fonctionnement, faisons un (grand) saut dans le temps et revenons à son origine. C’est en effet en 1904, aux États-Unis, qu’un des plus anciens modèles économiques « modernes » fut mis au point. Il était une fois, un entrepreneur qui se coupait sans arrêt lorsqu’il se rasait. Il décida alors de créer un système de rasoir à lame jetable. Pour attirer et fidéliser sa clientèle, il leur vendait un porte-lame à un prix extrêmement bas voire leur en donné en cadeau pour l’achat d’un autre produit. C’est ainsi que M. Gillette inventa le modèle de «l’appât et l’hameçon» et créa la multinationale que l’on connaît aujourd’hui. Ce modèle est d’ailleurs encore très utilisé notamment par les opérateurs de téléphonie mobile et les fabricants d’imprimantes grand public.

Ainsi un modèle économique est destiné à comprendre :

  • comment le projet pourra produire de la valeur
  • quelle clientèle il va satisfaire
  • comment cette valeur sera répartie entre les différentes parties prenantes
  • quels flux de revenus il générera
  • et quelles ressources il devra mobiliser pour réussir

Il constitue donc la réflexion de base nécessaire pour élaborer la stratégie qui mènera le projet entrepreneurial à sa réussite. Très bien, mais alors par où commencer ?

Le canevas stratégique, l’outil de tout entrepreneur débutant

La notion fondamentale sur laquelle repose le modèle économique est la proposition de valeur. Aucune entreprise ne peut vivre sans justifier son existence auprès de ses clients. Cette exigence est vitale car sans client, pas d’entreprise. Pour réussir à modéliser et à comprendre comment notre entreprise créée de la valeur, on utilise un canevas stratégique qui reprend neuf éléments de base : les segments de clientèle, la proposition de valeur, les canaux (de distribution, de financement), la relation client, les flux de revenus, les ressources clés, les activités clés, les partenariats clés et enfin la structure des coûts.
À vous de compléter votre canevas pour votre entreprise ! Pour vous aider, voici un modèle reprenant quelques exemples…

Business Model Canevas

Les principaux modèles

Pour vous inspirer, voici les principaux modèles économiques qui existent :

La longue traîne, un modèle d’exploitation des marchés de niche qui vise à rechercher des produits ou services offrant des niveaux de marges importants même si les volumes de vente sont faibles. Il s’appuie sur une communication pointue et une minimisation des coûts de stockage, de vente et de logistique. Il recherche l’engagement des clients autour de l’entreprise (production de contenus, co-création, etc.). C’est un modèle bien adapté aux produits culturels, aux voyages, au luxe, aux produits dérivés.

Les plateformes multi-faces comme Blablacar ou Linkedin… Certains abonnés payent pour ceux qui ne payent pas ! Ce sont des entreprises qui s’adressent à des groupes de clients distincts mais interdépendants l’un de l’autre. Le modèle économique n’a alors de sens que si le développement des segments de clientèle se fait conjointement. La création de valeurs ne se fait que par la médiation de la plate-forme et les interactions qu’elle génère entre les différentes clientèles.

Le gratuit, modèle qui suppose la fourniture de services gratuits destinés à agréger, rapidement si possible, un volume importants d’usagers qui par leur présence même vont permettre de proposer à des types d’utilisateurs particuliers des services payants. C’est le modèle des réseaux sociaux, des journaux gratuits, de l’open-source, etc.

Le dégroupage, modèle fondé les relations-client, l’innovation ou encore la mise à disposition d’infrastructures.

Le freemium, qui permet aux usagers d’exploiter gratuitement leurs services puis finit par proposer un abonnement pour un service de plus haute qualité.

Ou encore…

  • l’appât et l’hameçon
  • le dehors-dedans (acheter l’innovation)
  • le dedans-dehors (vendre l’innovation)

A vous d’être créatifs pour votre business model !

Pour aller plus loin : Business model – nouvelle génération  écrit par Alexander Osterwalder et Yves Pigneur

Effectuation et design d’artefacts sociaux (2)

Suite et fin de notre série sur l’effectuation, issue de la conférence de Lyon City Design, donnée par Philippe Silberzhan sur le thème de « Effectutation et design d’artefacts sociaux : l’entrepreneuriat comme science de l’artificiel.»

Les cinq principes de l’effectuation

Saras Sarasvathy, une jeune chercheuse indienne émigrée aux États-unis, se pose la question suivante : « Existe t-il une logique entrepreneuriale?» Comme pour toute activité, il lui semble qu’il doit exister des règles empiriques. Dans l’une de ses études, elle décide de mettre en lumière certaines de ses règles. Elle choisit de réaliser une expérience sur 45 entrepreneurs: enfermés dans une pièce, ils doivent résoudre un problème en réfléchissant à haute voix. Cinq principes en sont ressortis, il deviennent les cinq principes de l’effectuation:

1. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras
Connaissez-vous la métaphore du frigo? Imaginez que vous invitez des amis à dîner chez vous un soir. Deux possibilités s’offrent à vous.

  • Première option: vous établissez le menu (= un objectif) et faites les courses (= des ressources) pour préparer votre repas.
  • Seconde option: deux heures avant que vos invités ‘arrivent, vous ouvrez le frigo et faîtes avec ce que vous avez. Ici, ce sont les ressources qui déterminent ce qu’on va pouvoir faire.

IngrédientsL’entrepreneur dispose tout d’abord de qui il est (caractère, comportement…), de ce qu’il sait (connaissances tangibles ou tacites) et de ceux qu’il connait (réseau). Ces ressources sont universelles.

2. Les entrepreneurs avancent avec une logique de perte acceptable 
La logique voudrait que vous investissiez dans un projet si ça vous rapporte plus que ce que cela vous coûte. Pas si logique que ça… Richard Cantillon, mathématicien, nous rappelle que ce que cela nous rapporte est toujours hypothétique!
Un entrepreneur aura tendance à baser ses décisions sur la dépense et non sur la gain. Qu’est ce que je suis prêt à perdre? Quel temps et quelle énergie suis-je prêt à sacrifier?

3. Le patchwork fou 
Pour rappel, le patchwork est une activité qui consiste à se réunir en ramenant chacun des bouts de tissu et à les assembler pour réaliser des dessus de lit ou autre confection. Le résultat final dépend de ce chacun apporte et des gens qui viennent. Et on ne sait jamais à l’avance qui vient.

C’est la même chose pour l’entrepreneur : il progresse grâce à l’apport des différentes ressources des parties prenantes de son projet. L’entrepreneuriat devient alors l’art de l’intéressement : faire adhérer des gens qui veulent que votre projet réussissent et ainsi s’engagent et vous apportent leur aide.

4. La limonade 
Savoir tirer parti des surprises! Beaucoup d’entreprises existent aujourd’hui avec un produit qui n’avait jamais été réellement pensé et étudié auparavant. Dans la même série que l’exemple d’Ikea, que nous mentionnions dans le précédent article, pensez à la création du Post-it. Celui-ci est né suite à un échec technique : une colle qui ne collait pas très bien… « On peut sûrement en faire quelque chose? »

5. Le pilote dans l’avion 
C’est vous qui pilotez! Le futur n’est pas quelque chose qui se produit mais quelque que nous menons collectivement et qui résulte de nos actions. Ainsi, il n’existe pas à proprement parler de marché « mature », mais simplement des marchés qui n’ont pas encore été disruptés.

Prenez l’exemple de Swatch, de Starbucks ou encore de Zara qui s’est lancé dans les années 70, en pleine période de fermeture d’usines textiles en masse en Europe. Laquelle de ces marques s’est lancée dans un marché porteur et pavé d’intentions d’achat?

En résumé, la logique effectuale s’oppose à la logique causale. En logique causale, j’ai un but; par quels moyens vais-je l’atteindre? Avec la logique effectuale, nous sommes plutôt dans l’optique suivante: qu’est-ce que j’ai dans la poche? Qu’est-ce que je peux imaginer faire avec ça?

Pour aller plus loin dans la réflexion, n’hésitez pas à découvrir le livre de Philippe Silberzhan: EFFECTUATION : Les principes de l’entrepreneuriat pour tous.

Effectuation et design d’artefacts sociaux (1)

À l’occasion de la deuxième édition de Lyon City Design, plusieurs séries de conférences étaient proposées afin de faire découvrir le design, sous toutes ses formes, au grand public. Le vendredi 27 mars, le programme IDEA, représenté par Philippe Silberzahn – co-responsable du programme, nous offrait une présentation originale sur le thème de « l’effectutation et design d’artefacts sociaux : l’entrepreneuriat comme science de l’artificiel ». Ne prenez pas peur, ces mots qui peuvent paraitre effrayants au néophyte ont pris tout leur sens grâce aux explications éclairées de Philippe Silberzahn.

Mad Men -  Boss

L’entrepreneuriat comme science de l’artificiel

La première question soulevée est la suivante : d’où viennent les marchés, les produits, les entreprises? Plusieurs réponses sont possibles. Selon les économistes néo-classiques, nous avons tous en tête l’image abstraite d’une rencontre entre l’offre et la demande qui s’ajuste par le prix, et qui, en soit, est une vision très simpliste. Car, un marché, c’est avant tout un lieu physique, une institution, un endroit dans lequel interagissent des acteurs qui mettent en place des pratiques, développent des normes, fondent une histoire. Un marché, c’est la résultante d’actions d’un certain nombre de personnes.

Souvent, il y a un leader. Prenons l’exemple d’Henry Ford: il transforme le marché automobile de l’époque en un marché de masse. Il crée un nouveau marché! Un marché est donc une création humaine et artificielle, autrement dit un artefact social et abstrait, qui se traduit en règles et en normes. On pourrait donc résumer le travail de l’entrepreneur à la création d’artefacts sociaux.

L’effectuation est une des théories qui explique comment les entrepreneurs créent ces artefacts sociaux.

Cassons les mythes pré-construits autour de l’entrepreneuriat

Mythe 1 : il faut une grande idée pour commencer. 
Le schéma habituel de création est souvent représenté par une phase de créativité puis par une phase de mise en oeuvre. Ce qui signifierait que si vous n’avez pas de grande idée, vous ne serez pas entrepreneur. Faux.

La majorité des grandes entreprises n’ont pas commencé avec une grande idée! L’idée d’un produit/service est bien plus la mise en oeuvre d’un processus qui aboutit sur une idée commerciale. Il n’y a donc pas besoin d’être un génie créatif pour démarrer, par contre, il faut arriver au bout de ce processus.

Prenons l’exemple d’Ikea qui a commencé par vendre du poisson séché et du mobilier de bureau.  Par la suite, l’enseigne propose un service de dépôt de meubles et de livraison. Un jour, voulant livrer un meuble trop grand, elle est obligée de démonter ce dernier pour le mettre dans son coffre. Comme le disait Sam Walton, fondateur de Walmart : « Comme tous les éclairs de génie, il a mis 20 ans à germer

Mythe 2 : les entrepreneurs aiment prendre des risques 
Peu de gens aiment réellement sauter du haut d’un immeuble. L’entrepreneur serait plutôt quelqu’un qui reconnait que son activité comporte des risques, qui contrôle ce risque et met en place des stratégie pour le contrôler. On parle d’incertitude : se lancer dans un marché qui n’existe pas.

Rémy Julienne, cascadeur, disait «Mon métier, c’est de réduire les risques.» Il en va de même pour celui de l’entrepreneur.

Mythe 3 : les entrepreneurs prédisent l’avenir 
Ils ne le prédisent pas, ils le construisent! Ils avancent et font des choses. Ils créent l’avenir par leurs actions.

Mythe 4 : les entrepreneurs ne sont pas comme nous autres.
On se représente souvent l’entrepreneur comme une personne merveilleuse, dynamique, créatrice. On s’imagine que ce sont des êtres exceptionnels. Ils seraient tous riches et célèbres, la preuve, on écrit même des livres sur eux…

De ce fait, on ne se sent pas concerné alors que ce portrait lisse et parfait ne représente que 2% de l’entrepreneuriat! Celui-ci existe dans tous les pays, de toutes les couleurs, de tous les âges et de tous les modes (startups, social, associatif…)

Mythe 5 : les entrepreneurs sont des héros solitaires 
Il faut savoir que ceux qui créent seuls, ne le restent généralement pas longtemps. On a tendance à oublier ceux qui les ont aidé. Qui connaît Edouard Buffard? Personne? C’est pourtant lui qui a aidé le baron Bich à lancer sa célèbre entreprise de stylos: BIC. Ainsi, un entrepreneur est souvent soutenu par son entourage, conseillé par quelqu’un dans une soirée, aiguillé sur un autre angle par un quelqu’un d’autre. C’est la confrontation de son idée avec les autres qui lui permet de la faire grandir.

La vraie qualité de l’entrepreneur réside donc dans sa capacité à savoir s’entourer plutôt que dans sa capacité à être génial, tout seul, dans son coin.

Rendez-vous mercredi prochain pour en savoir plus sur la manière dont l’effectuation explique le fonctionnement de pensée des entrepreneurs.

Étudiant et entrepreneur, c’est possible!

Article rédigé par Charlotte Fayat

Dans le cadre du « cycle esprit d’entreprendre pour toutes et tous », la classe entrepreneuriale de l’École Centrale de Lyon nous proposait mardi dernier une soirée d’échanges et de débats décomplexée autour de trois sujets.

Conférence Centrale

La vie de l’entrepreneur

En quoi consiste la vie d’un entrepreneur? Quelle est sa journée type? Une question qui intrigue d’autant plus qu’elle ne possède justement pas de réponse. Agathe Zebrowski, fondatrice de Chantiers Passerelle et Étudiante Entrepreneur, nous explique qu’aucune semaine ne se ressemble. Rester devant son ordinateur pendant deux jours, puis être dans le rush les suivants suite à un coup de fil inattendu ! Et c’est ce qui en fait tout son intérêt, loin de la vie salariale routinière. Au moment de la création de son entreprise, aucun planning n’est pré-établi. Le projet grandit au fil des rencontres, des opportunités et… des échecs. Échecs qui sont d’ailleurs chers aux entrepreneurs invités, sans lesquels ils n’apprendraient pas et ne seraient sûrement pas là aujourd’hui. Car oui, monter sa boîte, c’est aussi apprendre de ses erreurs pour mieux rebondir. Pour Julie Pouliquen, cofondatrice de La Cordée, est entrepreneur celui qui a la capacité de se prendre des claques dans la figure, de tout oublier le soir en rentrant chez lui et se lever le lendemain matin avec autant de hargne. C’est pour cela que, selon elle, il est primordial de bien séparer son activité de sa vie privée. À 18h, on rentre à la maison et les week-ends on ne retourne pas au bureau finir ses dossiers !

L’entrepreneuriat étudiant

Qu’en est-il de l’entrepreneuriat étudiant? Quand il s’agit de monter son projet, faire ses devoirs et aller aux soirées du BDE, comment est-ce qu’on gère tout ça? Et bien, c’est justement le meilleur moment pour créer selon nos invités. Être étudiant entrepreneur, c’est pouvoir avoir accès à un ensemble de structures et de personnes qui sauront vous booster. Le campus de l’École Centrale Lyon en est un parfait exemple, avec son réseau de professionnels et d’enseignants, son incubateur, ses locaux dont le Learning Lab, véritable lieu d’expérimentation permettant de faire travailler ensemble des équipes pluridisciplinaires (ingénieurs, managers, littéraires, designers…). Être bien entouré est la clef !
Certains étudiants, encore hésitants, préféreraient commencer par entamer leur vie professionnelle en entreprise afin d’être plus compétents avant de se lancer. Ce à quoi Étienne Depaulis, fondateur de Dendreo, répond «Vous atteindrez un tel niveau de confort que vous n’oserez plus vous lancer, c’est une erreur! » En plus, selon Julie, c’est un atout certain pour un entrepreneur que d’être encore un étudiant habitué à ne manger que des pâtes ! Vous êtes déjà dans le bain.

De l’idée à l’entreprise

Comment passe t-on d’une simple idée au déclic entrepreneurial? Et d’ailleurs, d’où nous viennent ces idées de boîte? Pour Karim Mahmoud-Vintam, délégué général Les Cités d’Or, et Agathe, qui s’investissent tous deux dans des entreprises sociales, il s’agit de donner un véritable sens à sa vie. Qu’apporte t-on aux autres? Quelles sont les convictions que je souhaite défendre? Pour Étienne et Julie, l’idée est tout simplement apparue pour combler un besoin personnel. Encore étudiant, Étienne met en place un logiciel de gestion pour son BDE et Julie, à la suite de ses études, a envie de voyager et de pouvoir travailler où bon lui semble. Enfin, pour Nadine Ferri, directrice de ECMAT BTP, ce ne sont pas les idées qui manquent ! Elle a crée plusieurs entreprises qu’elle revend ensuite à de jeunes étudiants qu’elle a formé elle-même.

Leurs conseils pour réussir? Premièrement, se lancer ! Comme répété plusieurs fois pendant la soirée, sans erreur, il n’y a point d’apprentissage. Il ne faut pas hésiter non plus à en parler autour de soi. C’est ainsi qu’un projet prend forme, pivote et s’achève ou non selon les différents retours. Enfin, en parler oui, mais aux bonnes personnes. Étienne a su toquer aux bonnes portes quand il a monté son projet, n’hésitant pas à aller chercher conseils auprès des chefs d’entreprise de son secteur.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire…